23 mai 2006

Cerveau et neurosciences


L'expérience laisse des traces neuronales. Le réseau neuronal n'est pas une structure déterminée une fois pour toute. Il est au contraire soumis à un changement permanent [.....].
L'activité simultanée de neurones intercomutées renforce les connections synaptiques entre les neurones. La forme et la taille des synapses changent et de nouvelles synapses se forment.

Le fait que l'expérience laisse des traces dans le cerveau par le biais de la plasticité synaptique, et que ces traces soient sans cesse remodelées, ouvre un questionnement sur l'identité du sujet.
En effet, la plasticité démontre que le réseau neuronal est ouvert au changement et à la contingence : il est modulable par l'évènement.
Autrement dit, au delà des déterminations qu'implique son bagage génétique, chaque individu se révèle unique et imprédictible.
La plasticité remaniant constamment les circuits neuronaux, un stimulus identique peut donner des réponses chaque fois différentes en fonction de l'état du cerveau.
Nous serions ainsi biologiquement déterminés pour ne pas être biologiquement déterminés. Nous serions déterminés pour être libres.
Voilà qui implique de revisiter d'une façon complètement nouvelle la question du déterminisme.
D'une certaine façon, la question n'est plus de savoir comment nous pouvons changer, mais plutôt de comprendre pourquoi nous ne changeons pas plus !

Extraits du journal "La Recherche" de mai 06 : "L'inconscience au crible des neuroscience"